Christophe Donner a publié quelques dizaines de livres et reste pour moi l’une des voix les plus intéressantes de l’autofiction, pleine d’humour et d’esprit, souvent relâchée et digressive. Je ne lis pas tout ce qu’il écrit, qui voudrait faire ça?, mais c’est toujours avec plaisir que je le retrouve. Son dernier livre, Sexe, ne m’a pas déçu.

Dans Sexe, Donner raconte comment il essaie d’écrire son livre… Sexe. Mise en abyme classique, s’il en est une. À travers le récit guilleret de tous ses problèmes de santé survenus pendant les moments charnières de l’écriture du livre et de tous ses souvenirs qu’il tente d’écrire, on retrouve plusieurs brillantes réflexions sur la littérature. Je pense à ce passage sur un plateau de télé où il parle de ses livres. À l’animateur qui lui demande si ses livres sont pour lui des psychanalyses, une façon de mieux se connaître, Donner répond :

« Moi, je raconte des histoires, c’est tout. Je ne cherche pas du tout à me connaître. Se connaître soi-même, si tant est que cela soit possible, me paraît une activité sordide. Il faut être un très jeune écrivain, vraiment débutant et fanfaron pour prétendre œuvrer à la connaissance de soi-même à travers l’écriture. Je peux vous dire qu’après tous les livres que j’ai écrits […], ils ont chaque fois placé des écrans entre moi et ce que je croyais savoir de moi. D’ailleurs je ne parle de moi que pour mieux parler des autres. »

Connaît-on mieux les autres en lisant Christophe Donner? Ça arrive, oui. Quand ce n’est pas le cas, on peut au moins compter sur son esprit vif, son humour et parfois un peu beaucoup de mauvaise foi, comme je l’aime.

Sexe

Christophe Donner

Grasset

– Maxime Nadeau