Évaluation

Je regardais l’émission de La Grande Librairie lorsque le discours d’Alice Ferney, combiné à celui de Matthieu Ricard, m’interpella. Son dernier roman, « Le règne du vivant », m’a profondément bouleversée. Avec l’aide d’une poignée de militants, le passionné et passionnant Magnus Wallace défie les lois internationales et se mesure aux commerces les plus lucratifs au monde : la pêche aux baleines et aux requins. [1]

Les eaux internationales : ce lieu qui n’appartient à personne et à tout le monde à la fois!
Peu de gens savent que même s’il y a des lois internationales encadrant la pêche, les eaux internationales sont dépourvues de réelles autorités : pas de policiers ou de garde-chasses pour empêcher les massacres. La pêche au requin, par exemple, est l’une des plus macabres :
Les pêcheurs utilisent le chalutage de fond, une méthode industrielle basée sur l’utilisation d’énormes filets qui raclent les fonds marins, en ramassant tout sur leur passage, même les espèces en voie de disparition. [2]

Les pêcheurs, qui ne veulent que les requins, par exemple, vont rejetées les « prises collatérales » à l’eau. Bien souvent, elles sont déjà mortes, ou tellement faibles, qu’elles ne pourront pas repartir.
AVT_Alice-Ferney_9266
En plus, les pêcheurs ne veulent que les ailerons des requins. Donc, ils vont jeter les requins agonisants à l’eau sans leurs ailerons. Ils mourront au bout de leur sang en descendant lentement au fond de l’océan… Hors, les nécromones dégagées par les cadavres de ces requins éloigneront leurs compatriotes de ces zones. La pêche industrielle, en causant de plus en plus de morts, empêche donc les requins de se reproduire et de vivre en paix : ils doivent constamment s’éloigner des zones qu’ils fréquentaient auparavant. Le nombre des requins réduit et entraîne des déséquilibres incommensurables dans les chaînes alimentaires. [3]

 

FEA-Paul-Watson
Pour les baleines, ce n’est pas mieux. Comme expliqué dans le documentaire sur l’éco-terrorisme de Paul Watson [4], la pêche à la baleine a rapidement évoluée en ce siècle dernier. Auparavant, on allait la chasser sur de grandes chaloupes qui pouvaient chavirer n’importe quand sous le coup d’un coup de queue de l’animal alors qu’on tentait de le harponner à la main. Or, aujourd’hui, il n’en est plus rien : les pêcheurs sont sur un immense bateau et ils déclenchent un mécanisme à distance qui ne manque que très rarement leur cible. Il n’y a plus rien de victorieux à pêcher la baleine.
9780961601959
Magnus Wallas est-il l’alter-ego de Paul Watson?
« La passivité n’est pas mon truc. Si vous ne dénoncez pas un problème que vous voyez, vous devenez partie prenante de ce problème. Je suis incapable de regarder mourir une bête pour l’argent qu’elle rapporte. Aucune ne se lèvera pour sa survie alors je me dresse à sa place. Je veux bien être jugé pour mon action, mais pas dans notre bel aujourd’hui, seulement par le tribunal du temps et de la Terre. Le seul jugement qui compte est celui des générations à venir. »

Magnus Wallace, tout comme Paul Watson, ira braver ces pêcheurs bien souvent illégaux et, paradoxalement, protégés par les autorités gouvernementales (tout ce qui est lucratif et qui ne soulève pas les foules est protégé par les gouvernements). Chaque fois qu’une vie animale entre en jeu, il y met tout son cœur comme Watson le faisait. Lors de l’émission de La Grande Librairie, Alice Fernay dit qu’elle s’était inspirée d’un militant écologique hors du commun. J’ai le profond sentiment que ces deux hommes ne font qu’un. [5]

Et si l’on y pouvait quelque chose?
Le tout est romancé, bien sûr, et on se demande avec empressement si les actes de Wallace et ses militants sauront changer le monde. Cependant, l’auteure refuse de sombrer dans les clichés. Chaque phrase de ce roman pourrait faire figure d’une citation. Ce fut un délice de lire ses lignes qui mêlent poésie, roman et vie réelle tout en ayant un profond engagement social et écologique.
L’été a seulement commencé, mais avec ce livre, vous voyagerez et vous aurez envie de changer le monde, vous aussi.

– Signé Audrey (30-05-2015)

Pour commander ou réserver en ligne, cliquez ICI