Auteur: Aurélie Lanctôt Genre: , ,
Évaluation

J’entends toujours dire les enthousiastes de l’austérité qu’on a « pas le choix », que « tout coûte toujours plus cher », que je ne suis pas réaliste et trop à gauche. Pourtant, pourtant! Amélie Lanctôt a réussi à me réconcilier avec la gauche une fois de plus. En un seul paragraphe, l’auteure démolie toutes les fausses idées défaitistes concernant l’austérité comme un mal nécessaire:

« Le poids de la dette publique se mesure toujours en comparant l’endettement à la taille de l’économie de production qui la soutient, le produit intérieur brut (PIB). Pour réduire ce fardeau, on peut faire diminuer le numérateur de la fraction dette/PIB en remboursant les créances, ou encore faire accroître le dénominateur en stimulant la croissance économique. Les enthousiastes de l’austérité préfèrent de loin agir sur le numérateur, en comprimant au maximum les dépenses, même si l’expérience nous montre que cette façon de faire ralentit la croissance et tend à provoquer une augmentation de ratio dette/PIB. En effet, en 2013, des experts du Fonds monétaire international (FMI) ont avoué avoir sous- estimé les conséquences néfastes de l’austérité sur l’économie, et ont reconnu que cette politique était inefficace pour alléger le fardeau de la dette publique. Inutile de s’user les yeux à déchiffrer des colonnes de chiffres et des graphiques abscons pour s’en convaincre, Il suffit de regarder vers la Grèce, le Portugal, l’Espagne ou l’Italie, où les compressions dans les programmes sociaux, la suppression d’emplois dans le secteur public et autres mesures d’austérité ont été appliquées de façon dogmatique pour relancer l’économie après la crise de 2008. Cela à surtout eu pour effet de plonger ces pays dans un marasme économique dont ils peinent encore à s’extirper. » (p.34-35)

Après avoir prouvé ce point que l’austérité est loin d’être une mesure nécessaire, qu’elle est même une mesure drastique et inadaptée, Amélie Lanctôt va jusqu’à prouver qu’elle porte non-seulement préjudice au peuple, mais surtout aux femmes. Partout où les libéraux coupent, c’est dans les services publiques. Or, ce sont les endroits où les femmes sont les plus actives. Elle analyse presque chaque mesure de l’austérité et prouve chaque fois qu’alors que l’état se dit non-sexiste, il ne laisse aucune chance aux femmes de diminuer les écarts de salaires et de s’élever au même niveau que les hommes. Un essai renversant que je conseille à tout le monde qui croit que les libéraux sont progressifs: no way, mon ami(e), no way!

 

– Suggéré par Audrey

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