Certains albums jeunesse réussissent à nous rejoindre, à nous expliquer le mal-être des enfants. L’illustration exprime, nous sensibilise; elle nous parle quand le mot ne réussit pas à combler l’expression. On peut même avouer que le conte devient ici thérapeutique. En voici quelques exemples :

La déprime

GODBOUT, Geneviève (2018), Malou, La Pastèque, 9782897770471, 19,95 $

Dans ce conte, en peu de mots, vous comprendrez que le petit kangourou vit un grand malaise. C’est un tour de force par l’illustration. Dessinée à la craie de pastel, l’image toute douce nous montre ce repliement sur soi. Le kangourou, oreilles basses et tout courbé, ne veut plus bondir. Par contre, ses amis vont l’accompagner; ils lui apportent un support moral. Son entourage l’aide et ne l’abandonne pas.

Bravo à l’auteure, à l’illustratrice! Dans cet album, tout est si délicat; tout est si parlant. Elle nous montre, si tendrement, que l’amitié, c’est aussi la voie, le soutien essentiel pour la guérison. L’album peut être utilisé pour faire exprimer différents malaises qui peuvent survenir dans la vie d’un enfant comme le deuil, la déprime et autres multiples causes de tristesse.

 

Le courage face à la maladie, la résilience

DUONG, Mai et Amélie DUBOIS (2018), Le courage de Bébé Lionne, coll. « La vie devant toi », éditions de la Bagnole, 9782897142322, 19,95 $

On diagnostique à maman Lionne une leucémie. Bébé Lionne devra avoir beaucoup de courage pour vivre cette épreuve avec son père.

Encore une fois, les illustrations fort belles nous parlent. C’est de l’émotion pleine page. La tristesse, le désarroi vécus par la famille prennent ici toute leur intensité. Il y a de belles métaphores picturales : sa mère étant hospitalisée, bébé Lionne communique avec elle par le reflet de son image dans l’étang. C’est un rappel subtil de la distance, et j’y vois même l’évocation du cellulaire.

Un bel album, à recommander, qui parle de courage, de résilience et d’entraide, et qui finit avec beaucoup d’espoir.

 

L’autisme

LESTRADE, Agnès de, CHEBRET, Sébastien (2018), L’enfant qui vivait dans un mur,
coll. « Carré blanc », 400 coups, 9782895407096, 18,95 $

L’enfant se réfugie dans un mur. Isolé, il refuse tout contact avec le monde extérieur. La persévérance indéfectible de ses parents fera que l’enfant sortira du mur. Il acceptera ainsi ce partage de l’amour inconditionnel de ses parents. Un très bel album pour aborder la maladie mentale et la différence.

 

La recherche d’identité

BOULAY, Stéphanie et BRAY-BOURRET, Agathe, Anatole qui ne séchait jamais, coll. « Histoires de vivre », Fonfon, 9782923813738, 24,95 $

Quel titre génial pour parler de la tristesse, car, Anatole, rien ne le console, même pas l’appui de sa famille. Anatole n’est pas bien, et on comprendra que sa tristesse est liée à sa recherche d’identité. C’est un sujet difficile qui est très bien amené dans un roman graphique qui s’adresse à un public jeunesse de
8 ans et plus.

Tous ces albums peuvent être bien utilisés en classe, au niveau primaire, avec le support essentiel de l’enseignant. Ils apportent un questionnement, une reconnaissance, et ils peuvent enclencher des discussions intéressantes avec les enfants.

Bravo et merci à tous ces éditeurs qui osent, à tous ces auteurs(es), illustrateurs et illustratrices qui, par leurs talents et leur sensibilité, savent nommer les malaises et parler aux enfants.

 

Claude Gauthier

Directrice du service aux institutions

Librairie Carcajou 450 437-0690