Après le génial Queues, Nicholas Giguère réplique avec Quelqu’un, qui pourrait bien former un diptyque avec son prédécesseur. Les deux sont des récits autofictifs en vers qui traitent de l’homosexualité de l’auteur, mais Queues et Quelqu’un se différencient par leur ton et ce qu’ils racontent. Queues était direct, sans concession, revendicateur et explicite, et traitait entre autres de relations sexuelles sans lendemain.  Quelqu’un, tout en douceur, évoque les « débuts de la vie publique » de l’auteur en tant qu’homosexuel dans un bar gai de la Beauce. Dans les deux, le même mal-être : dans le premier, le désir d’amour jamais rassasié malgré la succession de conquêtes; dans le deuxième, les désirs suicidaires, et le même désir d’être aimé jamais comblé.

Quelqu’un est une lecture émouvante, qui nous ramène avec brio à ce mal-être de l’adolescence et du début de la vie adulte. Encore une fois, Giguère se livre sans concession dans une quête de vérité absolue, et cette absence de pudeur rend Quelqu’un vrai, touchant et universel.

Quelqu’un

Nicholas Giguère

Hamac

carcajou.lbrs.ca/2mETCeeZ

 

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Queues

Nicholas Giguère
Hamac
carcajou.lbrs.ca/2mESyIdg

 

– Maxime Nadeau