Tout récemment paraissait le recueil de poésie Dimanche de Jérôme Baril, aux éditions de Ta Mère. La poésie de Baril pourra déstabiliser les lecteurs et lectrices qui attendent de la poésie des métaphores et des images fortes. On a ici plutôt affaire à une poésie narrative, dépouillée, qui rappelle certains recueils de Louis-Philippe Hébert pour la manière (Monsieur Blacquières, par exemple. www.lbrs.ca/2mEUxuiN).

Dimanche raconte une journée banale dans la vie d’un personnage tout aussi banal, anonyme. On le voit entre autres se lever, se préparer un café, prendre sa douche, prendre le métro, se faire pleuvoir dessus, consulter de la pornographie et se masturber, aller sur Facebook, etc. L’acuité du regard de Baril et son talent pour les chutes laconiques place le lecteur devant l’absurdité de la condition humaine, oui, mais surtout celle du non-sens des rituels quotidiens. Le tout avec un humour subtile tongue-in-cheek. En résulte un recueil singulier et efficace qu’on aurait aimé plus long, «défaut» trop rare dans la poésie québécoise.

–  Maxime Nadeau