Nous sommes tout à fait désolées du délai de quelques jours, mais ça y est, nous sommes de retour pour commenter/critiquer de superbes bandes dessinées! C’est la Semaine 12 du Défi Lecture Bande Dessinée que nous, vos libraires préférées (lol), Audrey et Alexandra L.L,. se sont imposé: 6 mois pour lire 50 bédés chacune, ce qui représente 2 bédés par semaine, au minimum, pour chacune d’elle! En plus de notre nouvelle chronique aux deux semaines écrite par Tara la chienne intello, nous vous offrons la possibilité de nous écrire par Facebook (nous avons des problèmes techniques avec la gestion des commentaires sur le blogue) afin de participer au défi avec nous. Pour ce faire, écrivez un résumé d’une de vos lectures de bédés ou de mangas ainsi que votre appréciation et courez la chance d’être publié sur notre blogue! Si vous voulez connaître tous les aléas du défi, rendez-vous ICI. Si vous voulez voir tous les articles à ce sujet, cliquez sur l’onglet « Nos projets », puis sur « Défi lecture 2015 ».

Voici les bédés que nous avons ont lues cette semaine, la catégorie que nous comblons grâce à celles-ci, ainsi que notre appréciation!

Alexe a lu…

Un printemps à Tchernobyl d’Emmanuel Lepage, Éditions Futuropolis, 41.95$

BD reportage

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J’ai été porté vers cette bande dessinée parce que tout ce qui se rattache à Tchernobyl pique ma curiosité. J’ai découvert une bédé, ma foi, colorée.

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source: http://goo.gl/f8oj8B

En novembre 2007, le président de l’association Les Dessin’acteurs invite Emmanuel à participer à une résidence d’artistes à Tchernobyl. La résidence se trouvera à une vingtaine de kilomètres de la zone interdite, où la radioactivité est à son maximum. Le stress est si grand, qu’Emmanuel souffrira de la crampe de l’écrivain. Il ne peut plus dessiner. Il décide tout de même de se rendre en Ukraine. Là-bas, il n’amène que du matériel facile à manipuler pour dessiner. Le but de cette aventure est de témoigner de l’étrangeté de la vie dans cette région, de témoigner des conséquences de cet catastrophe nucléaire.

Accident conduit a de centaines de morts, de maladies et de familles déchirées. Les enfants des femmes ayant été exposés aux radiations naissent difformes et malades. Plus de 800 000 personnes seront touchées par cette catastrophe et, aujourd’hui encore, la pollution durable due à l’accident provoque la mort de millions de personnes.

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source: https://goo.gl/5RVuXC

C’est en avril 2004, vingt-deux ans après la tragédie, qu’Emmanuel Lepage et les autres se rendre dans le petit village de Volodarka. Sur place, la crampe de l’écrivain d’Emmanuel semble se dissiper. Avec l’urgence de dessiner ce qui se présente à lui, il n’a d’autres choix que de faire cet effort. Alors qu’il découvre des paysages à couper le souffle où la nature a repris le contrôle sur les humains et où le danger est invisible, si ce n’est de l’incessant «tic tic» du dosimètre, Emmanuel se questionne sur les raisons de sa venue. Avait-il besoin de se prouver que les choses sont pires qu’il se l’était imaginé. Pourtant, les gens de Volodarka semblent mener une bonne vie. Ils sont heureux, dans la plus grande des simplicités, malgré le danger qui guette. Certains même s’aventurent illégalement dans la zone interdite, passage à l’âge adulte, une façon de devenir un vrai homme. Alors que pour d’autres, la mention même de pénétrer cette zone rend malade.

Plus le temps passe, plus Emmanuel s’aperçoit qu’il ne peut que témoigner de laideur ou de la difficulté de vivre en ces lieux. Tchernobyl, finalement, est peut-être plus que le malheur et la peur qu’elle projette et c’est ce qu’il nous invite à découvrir dans cette magnifique bande dessinée.

10/10

Sin City T.01 de Frank Miller, Éditions Rackham, 37.95$

BD adaptée en film

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Que dire de cette bande dessinée… Il y avait longtemps que je voulais la lire. L’histoire du tome 1 est celle de Marv qui se réveille auprès de sa copine morte. Elle a été assassinée. Il vous le dira, mais à Sin City, tout est permis. Alors que la police entre en trombe dans l’immeuble où ils se trouvent, Marv s’enfuit. Une chasse à l’homme commence. Qui a bien pu tuer Goldie alors que Marv dormait juste à côté d’elle. De meurtre en meurtre, Marv chercher l’information, la pièce du puzzle, qui lui manque.

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source: http://goo.gl/KAOjDQ

Violence, sexualité/sensualité, vengeance. Sin City en trois mots. Maintenant, pourquoi ne l’ai-je pas tant aimé? Je n’ai absolument aucun problème avec la violence, même que je préfère lorsqu’il y en a. Ici, par contre, quelque chose me titille. Peut-être la rapidité avec laquelle l’action se déroule. Il y a tout de même plusieurs points que j’ai appréciés. D’abord, j’aime que les femmes, malgré leur sensualité frappante, ne soient pas que des femmes-objets. Certaines sont aussi « Bad Ass » que Marv, lui étant un gorille de muscle et de masculinité. Le personnage de Kevin, cet être mi-humain, mi-animal est vraiment très cool ! Louche, sans aucun doute, mais ultra intéressant.

Cette semaine, pour Sin City, j’avoue être à court de choses à dire. Étrangement, mes impressions sur cette BD sont assez ambiguës, au point que je ne suis pas certaine de l’avoir vraiment aimé ni certaine de l’avoir détesté. L’histoire de Marv ce terminer avec tome, mais j’ai appris que l’histoire s’entrecroise avec les autres tomes. Reste à voir ce qui ce passe dans le reste de la série. ( Que je n’ai pas lu. Je boudais Sin City après avoir lu le premier tome et je croyais que l’histoire se terminait avec le livre. Donc, je n’étais pas très intéressé à lire les autres. Je vais me reprendre et je vous ferai part de mes impressions. ) 🙂

6/10

 

Audrey a lu…

French kiss 1986 de Michel Falardeau, chez Glénat, à 25.95$

BD avec un triangle amoureux

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Lucas demande à son père de lui raconter comment lui et sa mère se sont rencontrés. Tout se passa en 1986, lors d’une « guerre » invraisemblable entre les enfants de deux rues différentes. À ce moment, le père était amoureux d’une fille aux cheveux noirs avec de jolies petites taches de rousseur comme l’est sa femme. Or, l’histoire démontrera que cet amour n’était pas dévoué à la même personne qu’à ce jour. (Voilà la raison pour laquelle j’ai décidé de glisser la bédé dans cette catégorie.)

L’épopée de 1986 est surprenante et divertissante. On se laisse entraîner facilement dans l’histoire de ces jeunes décidant de contrer leur ennui par une guerre de pirates organisée par des enfants hors du pareil! La rencontre des parents est touchante. Les réactions des enfants le sont tout autant. Dans les premières pages, les lecteurs d’Astérix en reconnaîtront des références. Et parmi les autres pages, on en trouve même de Star Wars! Le trait de Falardeau est particulièrement original et léger ce qui donne une ambiance de classique incontournable à une histoire toute en simplicité.

Avis aux fans de Paul : sachez que cette bédé est pour vous!

Je la recommande à tous ceux et celles qui aiment rester dans la réalité et qui souhaitent lire quelque chose de léger, mais dont ils se souviendront longtemps.

9/10

Red Ketchup de Réal Godbout et Pierre Fournier, chez la Pastèque, à 34.94$

BD classique québécoise

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Parlant de classiques, Red Ketchup est apparu en tant que personnage secondaire dans la série Michel Risque, publiée dans le magazine d’humour Croc. Red Ketchup est donc le nom d’une série portant le nom de son personnage principal.

Un patrimoine ignoré

La bande dessinée québécoise, souvent désignée par le sigle BDQ, a une longue tradition derrière qui est, malheureusement, méconnue du public.

Contrairement à une opinion largement répandue, elle n’est pas née au cours des années 1970. Déjà, au XIXe siècle, on trouvait des bandes dessinées muettes ou légendées2 dans les journaux satiriques. Puis, tout au début du XXe siècle (dès 1904), on a pu lire des bandes dessinées à phylactères3 dans les grands quotidiens montréalais. À cette époque, des « pionniers de la bulle » travaillaient à ériger l’un des arts les plus populaires du siècle. [Source: http://www.collectionscanada.gc.ca/comics/027002-7000-f.html]

Bien que depuis les années 1970, des chercheurs se penchent sur l’écriture de certains pans l’histoire de la BDQ plusieurs restent encore à écrire. À travers l’histoire de la BDQ se produit (est mise en scène) l’histoire du Québec (tels que la grande noirceur et la Révolution tranquille, l’urbanisation et la mondialisation, etc.).

Le magazine Croc

C’est grâce aux efforts de Jacques Hurtubise au cours des années 1970 que la création du mensuel Croc aboutit en octobre 1979 à un combiné d’humour textuel et pictural.

Pendant les quinze années suivantes, Croc constitue une référence majeure en matière de bande dessinée québécoise. Dans ses pages défilent tout ce que le Québec compte alors d’auteurs de BD : Réal Godbout, Pierre Fournier (« Michel Risque », « Red Ketchup »), Michel Garneau alias Garnotte (« Pauvres riches »), Jacques Hurtubise (« Le Sombre Vilain »), Serge Gaboury (« Les Aventures de Hi-Ha Tremblay »), Lucie Faniel (« Olga et les bêtes », « Flip-lip »), Patrick Moerrel (« La Patinoire en folie », « Roch Moisan »), Caroline Merola, Jules Prud’homme (« La Sœur violente », « Xavier », « Vie moderne »), Jean-Paul Eid (« Jérôme Bigras »), Jacques Goldstyn (« Toto le Bosniaque », « Les Fiches du neurone banni » ), Claude Cloutier (« La Légende des Jean-Guy », « Gilles La Jungle », « Nevada Allaire ») et bien d’autres. [Source: http://www.collectionscanada.gc.ca/comics/027002-7500-f.html]

Emporté par ce succès, la majorité des bandes dessinées de ce magazine satirique seront regroupées sous forme d’albums, mais aussi invraisemblable que ça puisse paraître, on en créera aussi des émissions de télé (« Le Monde selon Croc ») et de radio, des jeux (« Croc, le jeu qu’on rit »), des logiciels, des t-shirts et différents gadgets! Et, pour faire une histoire longue courte (comme le dit si bien mes collègues François et Stéphanie), c’est ainsi qu’est né l’agent fou du FBI…

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[Source: http://www.bedetheque.com/serie-18965-BD-Red-Ketchup-La-Pasteque.html]

Red Ketchup

Steve Ketchup est blanc comme neige, car il est albinos. Son seul point faible est donc ses yeux qui ne supportent pas la lumière. C’est pour cette raison, d’ailleurs, qu’il porte constamment des lunettes fumées. À part de cela, il est complètement indestructible grâce… à l’abus de drogues massives! En fait, il carbure littéralement sur les drogues: n’importe lesquelles, c’est-à-dire, les légales autant que les illégales. Il se trouve aussi que Steve « Red » Ketchup est un agent du FBI. Pourfendeur de la veuve et de l’orphelin, il fait toujours exécrablement échouer toutes ses enquêtes en détruisant tout sur son passage, mais il croit dur comme fer qu’il est indispensable à son équipe et que ses opérations réussissent à tous les coups. Son chef ne peut le renvoyer de peur qu’il se retourne contre l’Amérique… Donc, il l’envoie dans des endroits éloignés où il le croit inoffensif (comme en Alaska), mais Ketchup réussit toujours à créer des coups d’État bien malgré lui!

Bref, son invulnérabilité combinée à sa naïveté fait de Ketchup un classique de la bédé québécoise. Hilarant du début à la fin. Empli d’un humour noir grinçant, mais attention cœurs sensibles s’abstenir parce que le sang coule à flots ce qui a d’ailleurs contribuer au surnom de cet anti-héros, RED Ketchup.

 

Finalement, on en ressort inévitablement jovial. 10/10

 

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Merci de nous lire, de nous suivre, de partager votre passion de la bande dessinée avec nous! C’est un plaisir pour nous de vous partager nos lectures! Si vous avez des commentaires à nous faire, n’hésitez surtout pas.

À la semaine prochaine!  😀