GLUKHOVSKY, Dmitry (2019), Texto, éditions Atalante, 9782841728862, 46,95 $

Est-il possible de se faire passer pour quelqu’un d’autre grâce aux nouvelles technologies ? Et si vous y étiez contraint, le feriez-vous ? Quelles sont les conditions nécessaires pour qu’un homme veuille voler l’identité d’un autre ?

Ce sont toutes ces questions, et bien d’autres encore, qu’aborde Dmitry Glukhovsky dans son dernier roman Texto aux éditions Atalante. Celui que nous avons connu par son roman dystopique Métro 2033 s’essaie cette fois-ci au polar, et c’est, à mon humble avis, un succès.

En effet, par le biais du personnage d’Ilya, Glukhovsky radiographie la Russie moderne : famille, relations amoureuses, rapport aux nouvelles technologies, hiérarchie sociale, corruption de certains membres de l’élite. En plus de nous tenir en haleine, Glukhovsky réussit le tour de force de présenter les torts et travers des uns et des autres sous plusieurs angles, dans ce roman tout en nuances et très bien écrit.

Le polar s’ouvre sur la libération du jeune Ilya à la suite d’une peine pour détention de drogues de
sept ans. Celui-ci rêve de retrouver sa vieille mère qui l’attend dans son petit village natal. Mais voilà que les choses ne se déroulent pas comme prévu. L’appartement est vide, sa mère est décédée quelques jours avant son arrivée, son ancienne petite amie a refait sa vie, ses amis se sont éloignés de lui… fou de douleur et complètement ivre, Ilya retrouve le policier responsable de son malheur et le tue.

L’histoire pourrait se terminer là. Il est le suspect numéro un.

Mais, il a vu sa victime pianoter son code sur son téléphone intelligent.

Et, il a besoin d’argent et de temps pour enterrer sa vieille mère.

Et voilà que nous sommes happés par cette histoire où un téléphone contient toute une vie et permet de confondre quiconque, jusqu’à soi-même.

 

Un roman policier intelligent et dépaysant. Mélancolique et tragique. Russe, quoi.

 

– Karine Gordon-Marcoux